18/11/2010

Thérapie

        Je me sentais de nouveau ce midi au bord d’une immensité, sur le point de plonger.
        Nouveaux seuils à franchir, et de moins en moins de mots pour l’exprimer… 
        Seul le silence.
        Ou le seul son de la voix, sans rien vouloir.
        Loin, très loin.
        Et près de tout, pourtant.
        Je mets au point, lentement, ma « thérapie » personnelle.
        Respiration et sensation. Je découvre l’incroyable ouverture que peut déclencher simplement le fait de respirer, de se laisser respirer, d’observer bêtement ce qui se passe, de laisser parler le corps dans ce qu’il a à dire, et c’est beaucoup, et c’est jamais la même chose.
        Je m’étends, je respire. J’observe. Parfois j’amplifie.
         Parfois, je me lève, d’un bond, et respire dans une autre position, debout, et j’y apprends autre chose sur les souffrances passée de mon corps, sur ce qu’il me dit, sur ce qu’il désire.
        Ce qu’il désire, en fin de compte, c’est s’abandonner, simplement. 
        Ne plus être tenu. Mais la route est longue.
        Je n’aurais jamais imaginé qu’on pût respirer par tant de sentiers différents.
        Je m’aide de l’accumulateur, aussi. 
        Qui est plutôt praticable, ces derniers temps.
        Et qui amplifie bien la sensation, et aide le corps à s’exprimer.
        Je touche de près mon chagrin si ancien…qui est comme un lac d’eau encore vive dans ma poitrine.
        Et qui est riche de joies potentielles.
        Chagrin qui ne s’accompagne d’aucun souvenir, si ce n’est du sien propre. Le petit enfant, tout seul, quelque part, avec ses larmes qui finissent par s’apaiser. Et en même temps cette sensation que c’était tellement, mais tellement, normal, banal, habituel. La trame de la vie.
        Comment, mais comment, ai-je-pu ?
        Avancer. Malgré tout.
        Jusqu’à ces révélations.
        Une source au fond d’un bois, et la lumière.
        Corps enlacés, douceur d’un regard, plénitude et gratitude totales…
        Et ce jour où j’ai rencontré le soleil.
        Comment dire autrement ?
        Expérience encore loin d’être intégrée, d’ailleurs. 
        Et qui commence à peine à produire ses réels effets, après plus d’un an…

voir  Une Boussole dans le Coeur

03/09/2008

Présentation - Antithérapie

 Je ne suis pas thérapeute.
     Je suis simplement un gars qui est arrivé à sortir d'une période dépressive de plus de quinze ans, conséquence d'une enfance triste, noyée dans l'eau bénite et la grisaille.
     Je ne vous en brosserai pas le tableau maintenant. Disons simplement que la première fois où j'ai pu, enfin, sentir le plaisir, j'ai vu débarquer dans le même moment Satan, ses pompes et ses œuvres. Mais j'en suis ( à peu près ) sorti.
     Grâce à une thérapie reichienne, ou, comme disent les gens bien informés, "néo-reichienne", allez savoir pourquoi.

   

         i-09-08-B- 019


     Je me dis donc, si j'en suis sorti, pourquoi ne pas aider l'un ou l'autre à suivre ce chemin ? Attention ! C'est pas facile du tout ! Les thérapies de toutes sortes -dont la plupart d'ailleurs se basent sur les découvertes de Reich, mais sans jamais le citer - foisonnent sur le marché du "développement personnel" ( ou "privé" ? ).Elle promettent souvent monts et merveilles. Mais la plupart du temps elles visent, en fait, une adaptation sans douleur au monde tel-qu'il-est, pour ceux qui ont les moyens de se les payer. La voie que je propose mène ailleurs.
     Si elle peut permettre à ceux qui la suivent de se replonger corps et âme dans l'immensité d'où nous venons, elle risque par contre de transformer toutes les certitudes sur lesquelles leur vie s'est construite en bizarreries anachroniques. Mais elle leur donnera aussi l'énergie d'affronter la nécessaire désadaptation au monde des morts-vivants qui nous dominent et, souvent, nous entourent.
     Je ne suis pas thérapeute, parce que je ne suis pas détenteur d'une vérité applicable mécaniquement ou mystiquement. La vérité est comme la vie, à la fois une et perpétuellement changeante. La vérité découle du vivant. Je propose un échange dynamique, une rencontre vivante où le pèlerin devient parfois guide sans s'en rendre compte, et le "guide", pèlerin. Où chacun doit accepter que, face à l'immensité cosmique, nous ne serons jamais que des débutants.
     Ce processus peut comporter des massages, du chant, de la danse, des échanges parlés. Il peut inclure le silence et l'émotion. Il peut comprendre des exercices respiratoires, et de la méditation.
     Il ne promet rien, et ne demande rien, en retour, que l'engagement à (re)devenir un humain pleinement autonome.
     Voilà, en deux mots, ce sentier qui serpente loin des autoroutes brillamment éclairées du salut pré-emballé.