09/02/2012

Le Plaisir

« L’éducation, telle qu’elle est, rend l’être humain incapable de plaisir en le cuirassant  contre le déplaisir.

 Le plaisir et la joie-de-vivre sont inconcevables sans luttes, sans expériences  douloureuses et sans conflits désagréables avec soi-même. (...) . Ce qui caractérise la santé psychique, c’est l’alternance de la lutte pénible et du bonheur, de l’erreur et de la vérité, de la faute et de la réflexion sur la faute, de la haine rationnelle et de l’amour rationnel ; en bref, la pleine vitalité dans toutes les situations possible de la vie.

Le pouvoir de tolérer le déplaisir et la peine sans fuir pour autant, après la désillusion, dans la rigidité, va de pair avec la capacité d’accepter le bonheur et de donner l’amour. Pour employer les mots de Nietzsche, celui qui veut apprendre à « jubiler jusqu’au plus haut des cieux » doit se préparer à « être rejeté dans la mort ».

Par contraste, nos notions sociales et notre éducation européenne ont transformé les jeunes –qui dépendent de leur position sociale- soit en poupées enveloppées de coton, soit en machines d’industrie ou de business desséchées, chroniquement moroses et incapables de plaisir. »

Wilhelm Reich - Fonction de l’Orgasme, pp 160-161